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Scarlett James : le burlesque, l’art de tous les possibles

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Scarlett James : le burlesque, l’art de tous les possibles

Tout le monde a entendu parler du burlesque; pourtant, il semble difficile de définir cette pratique artistique en peu de mots. Est-ce en raison de la nature multidisciplinaire de ce mouvement artistique ou encore de son évolution au cours du siècle dernier? Quelques recherches suffisent pour comprendre que ceci explique cela et vice-versa! Depuis le milieu des années 2000, la scène burlesque connaît de nouveau un essor populaire. Saviez-vous que l’effervescence du burlesque se ressent tout particulièrement au Québec?

QuébecSpectacles a eu le privilège de discuter de l’art burlesque d’hier à aujourd’hui avec Scarlett James, artiste, productrice et fondatrice du Festival burlesque de Montréal.

L’art burlesque et multidisciplinaire

De nature éclatée, le spectacle burlesque propose aux spectateurs bien plus qu’un mélange des genres (qu’il soit musical, théâtral, circassien, chanté, dansant, loufoque ou autre). Sur scène, les artistes présentent une revue de variétés dans laquelle l’effeuillage sert de fil conducteur pour créer une ambiance «à fleur de peau».

Lorsqu’elle crée un spectacle, Scarlett James essaie d’avoir un large éventail de disciplines ou d’approches artistiques. C’est important de mettre en scène un enchaînement de numéros dans lesquels les artistes amènent tour à tour le public dans différents univers.

Jouer avec le public

Sur scène, Scarlett avoue d’emblée que son approche théâtrale lui permet d’incarner un personnage qui se veut une exagération d’elle-même. Elle a toujours aimé le jeu, et c’est dans cet esprit qu’elle aborde sa relation avec le public. Sensualité, émotion, frivolité; elle flirte avec le public. «Tout est scénarisé pour faire plaisir, et ça s’arrête là, car on insiste vraiment sur le cheminement de l’émotion tout au long du numéro plutôt que la destination», explique-t-elle.

Démarche artistique globale

Le burlesque permet à Scarlett James d’explorer différents univers à titre d’artiste. Plus encore, cela lui donne surtout la possibilité de faire tout ce qu’elle aime dans le milieu des arts de la scène. «Je peux être devant la caméra et je peux être derrière pour faire de la réalisation. Je peux performer sur scène et je peux produire le spectacle. Je n’ai plus à choisir», ajoute-t-elle sur un ton empreint de fierté.

Du numéro de 4 minutes au festival burlesque

Derrière la magnifique artiste burlesque se cache une femme entrepreneure et une metteure en scène engagée. «Quand je fais un numéro sur scène où je porte un costume flamboyant dans un décor coloré au cours duquel je suis accompagnée de danseurs avec de la musique festive : les spectateurs voient le produit fini. La conception de ce numéro burlesque qui durera 4 minutes nécessite des mois d’efforts et de travail.»

C’est pour donner encore plus de visibilité au burlesque et le mettre à l’honneur que Scarlett James a décidé d’organiser et de produire le Festival burlesque de Montréal. Fondé il y a 11 ans maintenant, cet événement est devenu un incontournable!

L’expression de la diversité féminine

Selon Scarlett James, l’art burlesque ne se limite surtout pas uniquement à l’effeuillage. C’est un spectacle de variétés à grand déploiement. Elle le définit aussi comme l’art et le jeu de la séduction. «C’est du glamour, du rêve, du théâtre, de l’humour, c’est surtout une façon de passer un très bon moment!»

Elle trouve également que le burlesque est un mouvement artistique qui met en valeur la diversité. Sur scène, les corps des femmes diffèrent par leur forme, leur couleur et leur taille. Ce sont des femmes en possession de leurs moyens qui acceptent leur féminité et qui assument pleinement leur sensualité.

Scarlett James s’amène de nouveau à Québec pour présenter le spectacle la Grande Revue Burlesque! Une soirée haut en couleur où plumes, paillettes et corsets seront au rendez-vous pour faire un clin d’œil aux années 1940; une ère où le burlesque classique et sensuel était en vogue à Montréal.

Comprendre le burlesque en quelques mots… 
«Burlesque, variétés, vaudeville et revue : émergence de pratiques spécifiques comme le vaudeville américain et comme le spectacle de variétés, dont il n’était d’ailleurs, à l’origine, qu’une des composantes, le spectacle burlesque est un spectacle hybride, éclaté, fait d’une succession de numéros et de sketches sans rapport les uns avec les autres: un bref acte comique en ouverture, un numéro musical joué par l’orchestre ensuite, une chanson, un tour de force, une curiosité, un numéro de danse, plus ou moins suggestif, parfois une ligne de filles (les héritières des « chahuteuses » du café-concert), une farce musicale, une chanteuse d’opéra, un autre morceau musical et, en grande finale, un spectacle farcesque de trente à quarante minutes, à la limite de l’allégorie – mais sans masque -, comportant des morceaux chantés, mimés ou dansés et regroupant souvent, mais pas forcément, tous les participants des numéros antérieurs.»

Source : Le burlesque québécois : l’avant-garde version « peuple » de Jean-Marc Larrue dans la revue Érudit.

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